à
sa place : il n'y avait bataille plus terrifiante
que
celle qui était mienne.
J'ai
accroché le Temps : il est assis
cueillant
des mûres collé à sa
place
: mais des cris brisés glissent
de
la bouche : le Temps n'a pas de frissons
n'a
pas d'autre lieu que la terre !
Puis
nous marquerons le Temps, qui
devint
énorme beaucoup, portant des barils
à
la terre déserte, ou transformant
les
carottes en raves, ou différemment
occupant
son âme désintéressée. Le Temps
n'a
pas de butins ! il peut devenir
vieux,
n'était pour mes butins,
qui
partagent le total.
Des
raves à gorge déployée sourirent :
n'es-tu
pas préparée pour
la
bataille encore ? Ta flèche est-elle si
légère
? L'encombrante nature
restituera
le vol : tu mourras,
et
deviendras forte, fumant des fournitures
ou
autres maux.
Qui
fumant des plats d'argent, creusèrent
leurs
fosses légères assez pour
mener
droit à ce paradis
où
le Temps n'a aucun tort, ni
ornières
pour t'agripper. Et encore
pendant
que ton sourire blesse, avec
un
vouloir de pleurs, qui mène la chanson
une
misère brodée de blanc
Temps,
plus moëlleux que la grâce
de
mon ventre, son faire en te trop-faisant,
pendant
que tu te dresses fort.
(Il
tempo può fermarsi, auto-traduction
it.,
de
: "Sleep"
; trad. fr. J.Ch. Vegliante)
Amelia Rosselli, poétesse multilingue (cf. J.Ch.
Vegliante, "Poésie entre les langues", Paris III - CIRCE, 1994), dont
on connaît en France au moins /Impromptu/ (ed. bilingue revue par l'auteur,
Paris, Tour de Babel, 1987), a publié un recueil anglais, /Sleep/, édité avec
des traductions italiennes du poète Antonio Porta par Rosso & Spera, Rome,
1989. Quelques versions françaises ont été proposées par J. Ch.
Vegliante dans "Doc(k)s" n° sp. automne
1991 et dans "Poésie 92" n° 41, février 1992. Le poème présenté
ici, inédit, faisait partie des textes de /Sleep/ datés 1965, anglais, non
inclus dans le recueil cité, et a été auto-traduit en italien par Amelia
elle-même quelques années plus tard. La poétesse nous avait confié en effet
son intention de récrire tous ses textes anglais dans la langue qui avait fini
par prévaloir chez elle, l'italien. Il a été proposé par Gian-Maria Annovi,
en version bilingue anglais-italien, sous le titre général "Time can stop
(and it does)", dans l' /Italian Poetry Review/ II, 2007, pp. 35-45 (éd.
P. Valesio). La version française qui suit a été attentive aux solutions
apportées par l'auteur en italien, mais est partie toujours de l'original
absolu anglais, /Time can stop either for good.../ etc.